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    03.03.2011 - Revue Automobile
    Taureau léger: Lamborghini Aventador Lp700-4

    Si la grande Lambo voit rouge, sous la peinture elle est noire comme du carbone!

    Si l’on connaissait les caractéristiques du nouveau moteur V12 Lamborghini (L539 6,5 l de 700 ch), à la fois plus léger, plus puissant et plus économique que son prédécesseur, on peut découvrir plus en détail son écrin – l’Aventador – à Genève.

    Le 15 octobre 1993, sur la Plaza de Toros à Saragosse, un taureau de combat de 500 kg affronte le matador Emilio Muñoz dans un combat épique. L’animal, qualifié à titre posthume de «brave parmi les braves», prête aujourd’hui son nom à la plus féroce des Lamborghini. A sa manière, l’Aventador LP700-4 colle à la légende: elle pèse 500 livres (250 kg) de moins que la Murciélago LP640 et perd elle aussi ses oreilles, comprenez les deux prises qui se déployaient latéralement. Elles se soulèvent maintenant vers l’avant.

    Légèreté La cellule centrale monocoque en carbone supporte des berceaux avant et arrière en tubes d’aluminium. La structure en fibres de carbone, 70% plus rigide que la coque de la Murciélago, n’avoue que 147,5 kg sur la balance. Le procédé RTM (Resin Transfer Moulding) associe «braiding» (croisement des fibres) et «prepreg» (imprégnation de résine liquide thermodurcissable), dans une procédure rendue à la fois rapide et flexible. Tous les éléments sont produits à Sant’Agata. Les cavités de la cellule sont remplies de mousse époxy, qui contribue à la rigidité tout en absorbant les bruits et vibrations. Inauguré sur le concept Sesto Elemento (Paris 2010), le procédé «Forged & Warapping» est réservé aux modèles futurs.

    Issues de la compétition, les suspensions push-rod font appel à des combinés ressort-amortisseur positionnés à plat. Les bras articulés (pushrod), en alu forgé, transposent les forces verticales en forces horizontales afin de mieux séparer le guidage de la roue avec celui de l’amortissement. Les tarages peuvent être adoucis au bénéfice du confort.

    Appui variable Le léger accroissement des masses non suspendues est compensé par le montage, en série, de disques de freins carbone-céramique (étriers avant à 6 pistons). Repris de la Murciélago, le système de rehaussement hydraulique de l’essieu avant facilite le franchissement de petits obstacles. A l’autre extrémité, l’aileron arrière émerge à partir de 80 km/h, et s’incline encore plus dès 130 km/h. Hormis le capot avant et les portes, en aluminium, les panneaux de carrosserie sont en carbone. Certains éléments de style, inspirés des avions furtifs, sont repris de la Reventón.

    Plus longue (+8 cm, +3,5 cm à l’empattement) mais tout aussi large et basse que la Murciélago LP640, l’Aventador est encore plus légère (1575 kg; –10 kg) que la Murciélago LP670-4 SV, dépouillée à l’extrême. L’écurie Reiter Engineering place de grands espoirs dans l’engagement de l’Aventador en FIA GT1.

    Pour mettre du sel dans la vie «civile», Lamborghini prévoit un programme de personnalisation baptisé «ad personam». Et, pour faciliter l’évolution en ville, le frein à main électrique est couplé à une retenue en côte automatique. Les portes en élytre, une tradition depuis la Countach de 1974, s’ouvrent sur un habitacle beaucoup plus ergonomique que par le passé.

    Robotisée ou rien! La transmission intégrale fait appel à un coupleur Haldex plus réactif que le viscocoupleur utilisé jusqu’à présent. Il envoie 30% du couple sur les roues avant, voire jusqu’à 60% en situation extrême. La boîte de vitesses robotisée à deux axes de type ISR (Independent Shifting Rods), fournie par Oerlikon Graziano, compte 7 rapports (avec synchros «inusables» en carbone) et ne pèse que 80 kg.

    L’action de quatre coulisseaux hydrauliques indépendants fait gagner 40% de réactivité par rapport à la boîte eGear d’une Gallardo! Les trois modes de conduite – Strada, Sport, Corsa – jouent sur la direction et la transmission. Le passage automatique des rapports n’est possible que sur Strada et Sport, le mode Corsa forçant le conducteur au maniement des palettes. Mais pas d’inquiétude pour les démarrages en trombe: le Launch Control s’occupera de tout! Rendez-vous en avril pour les premiers tours de roues. 

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